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01/07/2009

ERC Holjes : La légende Bräck

holjes09_small.jpgA quelques jours  de la manche suédoise de l'ERC sur le désormais habituel et spectaculaire circuit de Holjes, une autre légende du sport automobile mondial va faire sa première apparition en Rallycross. Après Marcus Gronholm la saison dernière, c'est Kenny Bräck qui sera chargé de rameuter et d'attirer l'attention sur la discipline, aussi bien au niveau des médias que des spectateurs. Profitons donc de sa venue exceptionnelle le temps d'un week-end au sein du KHM Motorsport de Kenneth Hansen, pour retracer la fantastique carrière du pilote suédois. Véritable icône dans son pays et immense star de l'autre côté de l'atlantique, non, Kenny Bräck n'est décidément pas un pilote comme les Plakat_Holjes_2009070405_2.jpgautres.

Retiré du sport automobile depuis 2005, Bräck aura tout connu dans sa carrière. Certes, s'il n'a que très peu goûté aux joies de la terre, mis à part lors de quelques apparitions lors de la course des champions, ce fut pour mieux parfaire sa connaissance des circuits routiers. C'est ainsi que l'autre « Kenny », s'est adjugé ce qui constitue la course la plus mythique des Etats-Unis avec Pikes Peak, à savoir les 500 miles d'Indianapolis. Passé tout proche d'un volant en Formule 1, Bräck s'est bâti une solide réputation faisant tomber quelques noms prestigieux. D'Eddie Irvine à Johnny Herbert, en passant par Ricardo Zonta ou encore Robby Gordon, tous ont un point commun, celui d'avoir dû subir les « Brack's rules ».

Mais avant d'en arriver là, Bräck dû s'employer à franchir une à une les étapes. Son image colle d'ailleurs assez bien à celle véhiculée par les cadors du Rallycross Européen tels Jean-Luc Pailler, Martin Schanche ou encore Kenneth Hansen. Cette image, Bräck se l'est construite tout seul, celle du self made man typique. Né en 1966 à Arvika sur les terres de Per Eklund et Tommy Kristofferson, le suédois se fait surtout remarquer par ses talents empreints de précocité sur les lacs gelés ou les routes de campagne. A huit ans, le petit Bräck tâte déjà du volant et s'élance déjà dans des séries de glisse improvisées. Hésitant au départ, il va peu à peu surprendre tout son monde. Surtout, un voisin épaté par les performances du gamin lui offre sa première voiture, une Saab V4, Bräck a alors 13 ans. Dès lors, il ne faut pas s'étonner de constater que ses premières confrontations avec des adultes sur les lacs de glace ou sur les petites routes figeront dans son esprit son envie de devenir pilote professionnel.

 

Naissance d'un champion

Après quelques saisons en Karting, le jeune homme souhaite se diriger vers les formules de monoplaces. C'est là qu'il va découvrir les premiers obstacles inhérents aux sports mécaniques, à savoir la recherche de partenaires. Motivé comme jamais et « braqué » sur son objectif, Kenny va faire preuve d'une abnégation sans faille. Il se met alors à égrener une à une les pages jaunes locales dans l'espoir de décrocher des budgets, mais les entreprises ne semblent guère intéressées par les projets du gamin. Neuf fois sur dix, c'est une fin de non recevoir qu'il doit affronter, mais là ou d'autres auraient baissé les bras, lui choisit de s'accrocher. Il contacte, démarche, saison après saison les entreprises dans l'espoir de concrétiser son rêve. Si bien que passé un certain temps, il connaîtra tous les chargés de la communication des sociétés de la région. Si les contrats ne suivent pas toujours, il se constitue néanmoins un carnet d'adresses conséquent ce qui lui vaudra de participer dès 1986 au championnat de Formule Ford Suédois qu'il remportera dans la catégorie Rookie.

La saison suivante, son nom attire déjà les convoitises et il se voit offrir une monoplace de la fameuse équipe VanDiemen. Fondée par Ross Ambrose et Ralph Firman, cette structure s'est toujours montrée apte à dénicher les talents purs. Il faut bien dire que ce ne sont pas les Ayrton Senna, David Coulthard, Eddie Irvine, Johnatan Palmer ou Jason Plato qui pourraient contredire cet état de fait. Sans le même appui technique que le pilote officiel maison Eddie Irvine, Bräck ira jusqu'à se payer le luxe de reléguer ce dernier dans ses rétroviseurs lors de la manche de Silverstone.

De 1988 à 1991, Kenny semble marquer le pas. D'abord en F3000 dans le championnat national suédois, puis britannique où il signe quatre victoires entre 1988 et 1989. Ce sera ensuite au tour de la Formule Opel Lotus, où il doit s'incliner en 1991 face à Ricardo Zonta. Mais Bräck sent peu à peu la réussite le lâcher. Il prend alors conscience d'une chose, la victoire est plus importante que la renommée des championnats auxquels il a jusqu'ici participé. En conséquence de quoi, sa stratégie se base désormais sur le choix d'une structure compétitive avec laquelle il aura le plus de chance de conquérir des titres.

Kenny Brack testando a Williams Renault FW15 de Alain Prost em Paul Ricard, 1993.jpgJustement les saisons 1992 et 1993 marquent une nouvelle orientation dans sa carrière puisqu'il choisira de s'aligner dans la toute nouvelle Clio Cup relative au lancement commercial par Renault de la voiture du même nom. Bräck annihilera toutes formes de concurrence sur son passage. Des résultats qui lui vaudront d'ailleurs des tests concluants en F1 avec l'équipe Williams Renault. La presse , ébahie par les performances de ce jeune pilote, contribuera, entre autres, à lui ouvrir en grand les portes de ... la F3000, de 1994 à 1996.

 

Juppé m'a tué

Cette fin de saison 1996 sera marquée par un duel fratricide avec Jorg Muller. Si l'allemand empocha finalement le titre dans des circonstances suspectes, Brack sera de nouveau courtisé par les sirènes de la F1. A l'époque, TWR venait de racheter l'écurie Ligier et Bräck fit naturellement figure de favori pour une place de pilote. Malheureusement pour lui, le gouvernement français du Premier ministre Alain Juppé, dans le but de protéger ses plus beaux fleurons technologiques, s'opposa au rachat de Ligier par les britanniques et fit voler en éclats les derniers espoirs du suédois d'accéder à la discipline reine. Brack décida donc, en conséquence, d'émigrer vers les Etats-Unis pour l'Indy Racing League.

 

American way of life

Cette escapade nord américaine s'étalera de 1997 à 2005 naviguant entre Indy Racing League et le championnat CART au sein d'équipes prestigieuses comme Ganassi Racing ou Rahal. Ses premiers faits d'armes aux USA lui permettront même de signer avec l'écurie d'A.J. Foyte en 1998, une des figures du sport automobile nord américain et ancien vainqueur des 24 Heures du Mans. Cette même année, Bräck alignera trois victoires de suite, s'offrant même le luxe d'écraser le précèdent record du plus grand nombre de tours en course. A l'image de son début de carrière sur le vieux continent, Bräck passera souvent près du titre comme en 2000 et 2001 où il luttera jusqu'à la dernière épreuve avant de renoncer dans les derniers tours sur ennuis mécaniques.

 

1999, la consécration

Mais son véritable tour de force outre-atlantique arrivera lors de la saison 1999 où ses forces et sa concentration seront portées par un seul objectif avec les 500 Miles d'Indianapolis. Bräck, des heures durant, visionne les vidéos des éditions précédentes, s'imprégnant des moindres indices et informations, qui pourraient lui donner un avantage certain sur ses adversaires. Tout y est analysé, des arrêts aux stands aux stratégies à appliquer en fonction des évolutions de la course, les changements de rapports de vitesse, Kenny compile et compare avec une rigueur toute scientifique chacune des actions sur lesquelles il repère occurrences et régularités. Le jour tant attendu, Bräck ne faillira pas. Sûr de son fait et certain que son travail portera ses fruits, c'est avec une émotion toute particulière que le drapeau à damiers s'abattra en premier sur la monoplace floquée du numéro 14.


kbband2.jpgMalheureusement pour lui, sa carrière nord américaine prendra fin de bien triste manière puisque il ne verra jamais la fin du championnat 2003. Victime d'un contact avec un autre concurrent, Bräck se verra propulser à plusieurs mètres de hauteur avant de pulvériser son engin à plus de 350 km/h sur les grilles de protection. Par chance, la cellule de survie restera intacte et protégera très certainement le suédois d'une issue qui aurait pût se révéler fatale. Fémur, chevilles, sternum, troisième cervicale, Bräck est mal en point et passera de longs mois sur son lit d'hôpital. Le suédois ne fera que de timides réapparitions comme en 2005 pour l'Indy 500 avant de raccrocher définitivement du sport de haut niveau. Aujourd'hui, Bräck concentre ses activités entre sa famille et son académie destinée à faire éclore les jeunes pilotes suédois au plus haut niveau international. Passionné de blues, Bräck dispense dorénavant ses talents de guitariste au sein de son groupe de rock « Rockband RPM ». Quand on vous dit que Bräck ne fait pas les choses comme les autres ...

 

15:12 Écrit par ERC Blog - 20 minutes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rallycross holjes suède, erc, kenny brack, irvine, coulthard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
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