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12/08/2011

Rallycross Europe : Zoom sur ... Koen Pauwels (6ème et dernière partie)

Pauwels koen portrait portugal 2011.JPGpauwels koen ford fiesta 2011 maasmechelen.jpgLe point de vue de Pauwels sur l'évolution du Rallycross

Malgré sa volonté de se battre pour démocratiser la discipline, Koen s'avoue parfois dépité lorsqu'il s'agit d' évoquer le déficit de médiatisation chronique du Rallycross. Son arrivée en 2003 au sein de ce championnat lui permet d'évaluer les progrès établis sur un plan global, tout en proposant quelques pistes pour l'avenir de la discipline, qui figure selon lui, parmi la plus spectaculaire du sport automobile.


« Je ne comprends vraiment pas pourquoi nous ne bénéficions pas d'une couverture médiatique plus importante. C'est une des meilleures disciplines : nous avons énormément d'action sur la piste, nous avons la chance d'avoir des départs à cinq de front. C'est bien plus amusant pour le public de venir autour d'un circuit de Rallycross plutôt qu'une spéciale de Rallye. Nous avons également la chance de pouvoir faire des opérations de relations publiques dans un endroit stable où les invités ont la chance de voir absolument tout , et en plus, nous avons des circuits dans 10 pays européens. Donc, il est clair que j'ai du mal à saisir le fait que nous ayons une couverture média aussi faible. Peut-être un bon promoteur pourrait nous aider certainement, tout comme le fait de faire travailler les pilotes, les organisateurs et la FIA pour rendre le nom du Rallycross plus commun aux oreilles des fans de sports mécaniques. Nous devons inviter des sponsors à découvrir la discipline. Je travaille là dessus, mais à un petit niveau en Belgique, en invitant des chefs d'entreprises sur les épreuves à voir, à essayer des voitures de Rallycross, mais je me limite à la Belgique et je n'ai pas les moyens de mettre ceci en œuvre à l'échelle européenne »

 

Le Global Rallycross

On ne pouvait pas aborder la question de l'évolution de la discipline sans prendre en considération le point de vue de Koen Pauwels sur le développement du Rallycross aux Etats-Unis. Pour autant, si ce dernier juge l'initiative intéressante et largement positive en terme de retombées médiatiques, il ne considère pas pour autant utile de penser à franchir le pas. Avec des budgets impressionnants portés par les grandes marques de boissons énergétiques et l'appui officiel de constructeurs, le préparateur ne se sent pas suffisamment armé pour tenter l'aventure.

Persuadé, à juste titre, que la véritable compétition se situe sur le championnat d'Europe , Koen amène une expertise pour le moins intéressante en jugeant que la culture « Rallycross » est bien plus importante en Europe, et qu'il faudra des années aux nord-américains pour tenter d'approcher le niveau et la compétitivité existants en Europe.

« Je pense que le Rallycross est appréhendé là-bas, plus comme un show que comme une véritable compétition. Ils ont plus de moyens pour faire la promotion de la discipline mais cela leur prendra des années avant que le niveau du Championnat US ne rejoigne celui du Championnat d'Europe. Nous n'avons pas seulement la qualité en Europe mais en plus nous avons la quantité. Toutes les catégories en ERC ont fait le plein la saison dernière, et ce, en dépit de la crise économique, et le Rallycross coûte nettement moins cher que le Rallye. Donc, si nous arrivons à attirer les médias, nous ferons aussi parti des gros championnats » souligne Koen avant de retracer brièvement les évolutions positives que lui-même a pu observer depuis ses débuts dans la discipline et des risques potentiels pour le Rallycross européen de se voir devancer par son petit frère Yankee.

« Nous pouvons toujours élever le niveau. Quand je me rappelle mes débuts en Rallycross en 2005 et quand je le compare à ce que nous avons vu ces derniers mois, la progression est tout simplement impressionnante. Il y a de plus en plus de pilotes avec des voitures de plus en plus performantes. Tout a changé. Les circuits doivent également prouver qu'ils sont à la hauteur, sinon ils seront remplacés la saison suivante par d'autres. La FIA a beaucoup travaillé en ce sens. De mon point de vue, cela n'aurait pas beaucoup de sens de partir aux USA ou pour une Coupe du Monde quand nous regardons le niveau actuel du Championnat d'Europe. C'est certainement intéressant pour les pilotes qui ont les moyens d'aller aux USA, car cela coûte cher et il faut trouver de nouveaux sponsors pour aller là bas. Je ne suis pas certain que plus de 15% des pilotes du paddock puissent passer ce cap car cela revient trop cher d'envoyer son équipe, sa voiture et le matériel là-bas. Pour le moment, nous préférons nous concentrer sur le championnat d'Europe et si l'opportunité d'une Coupe du Monde se présente, nous verrons sur le moment. Je pense que les USA sont réservés aux grandes équipes, car les structures plus petites comme Pailler, Walfridsson, ou moi même, n'avons aucun intérêt à faire le déplacement si nous ne trouvons pas de partenaires supplémentaires. Le risque est grand si un championnat du Monde existe un jour, de voir les petites équipes quitter le Rallycross ou se concentrer sur leurs propres championnats nationaux , ce qui aurait pour conséquences de voir le nombre de pilotes baisser de manière drastique. Pour le moment, ce n'est pas réaliste pour moi d'aller aux USA parce que cela implique trop de frais supplémentaires mais peut être que dans un ou deux ans, la situation évoluera de manière plus favorable. Pour nous, il vaut mieux se concentrer sur l'ERC. Mais on ne sait jamais, si demain en rencontrant des partenaires potentiels, ceux ci sont intéressés par ce genre de format plus axé sur le show que sur les règles du Rallycross que nous connaissons en Europe, pourquoi ne pas y aller. Mais pour l'instant, l'investissement financier est trop important.'

Cette saison, Koen Pauwels est devenu une figure de premier plan au sein du championnat d'Europe de Rallycross. Passé de la catégorie « SuperCars » à celle moins coûteuse du « TouringCars », le pilote Belge a signé un début de saison retentissant avec trois podiums sur les trois premières épreuves du championnat.

Certes, sa troisième place au classement général lui permet difficilement de se sortir de l'ombre de Lars Oyvind Enerberg, auteur d'un parcours parfait depuis l'ouverture du championnat à Lydden Hill avant de finalement trébucher le week-end passé sur le Duivelsberg, mais Koen, en dépit de n'avoir pu compter sur François Duval pour cette manche de Maasmechelen 2011, peut encore espérer devenir l'homme de cette fin de saison.

Sur des circuits qu'il connaît comme sa poche à l'image du Duivelsberg ou de Valkenswaard, le pilote de la Ford Fiesta pourrait ne pas tarder à empocher ses premiers succès dans le cadre européen. Avec quatre podiums en cinq courses disputées en 2011, ce dernier fait figure d'outsider numéro un face à l'efficace Enerberg.

Avec le lancement de la construction d'une nouvelle Ford Focus Mk3 « SuperCars » destinée à l'origine, à faire rouler François Duval au sein du championnat d'Europe de Rallycross, Koen disposait d'une arme redoutable pour permettre à « Dudu » de rééditer son exploit de 2010 sur la Butte du Diable. Hélas, ce dernier, déclarait finalement forfait en raisons de contraintes budgétaires. Dommage pour le couple Pauwels/Duval, qui devra remiser à plus tard ses rêves de conquête sur le front européen.

 

 

20:45 Écrit par ERC Blog - 20 minutes dans Rallycross Belgique, Rallycross Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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